fr «Histoires de Genève», les mille visages d’une ville

Edition automne 2022

En bref

Nouvelles du développement durable et actualités SIG

En bref - Sommaire

Innovation

GoH! roule pour l’hydrogène vert

GOH - Sommaire

Eco-responsable

Réinventer demain grâce à nos déchets

Déchets - Sommaire

Coulisses

énergie: Genève se prépare à une possible pénurie

Pénurie - Sommaire

Partenaires

SIG au cœur de la vie locale

Partenaires - Sommaire

Parole de client

L’Organisation météorologique mondiale rend son siège plus vert

OMM - Sommaire

Rencontre

«Histoires de Genève», les mille visages d’une ville

Rencontre - Sommaire

Nature

L’eau, un bien précieux à préserver

Nature - Sommaire

Saveurs

Des crêpes qui dépotent

Saveurs - Sommaire

Agenda

Agenda - Sommaire

SIG et vous

RENCONTRE

«Histoires de Genève», les mille visages d’une ville

Des anonymes se confient au micro de Sacha. Tel un chasseur de papillons, ce trentenaire recueille les témoignages de celles et ceux que nous côtoyons sans les voir. Le résultat? Une série de photographies et de récits à la première personne, «Histoires de Genève».

Textes: Mireille Jaccard - Photos: Sacha

À la manière du concept «Humans of New York», dont il s’inspire, «Histoires de Genève» capture des tranches de vie. «Échanger avec des inconnus permet de comprendre ce qui nous unit en tant qu’humains», explique Sacha, ancien étudiant en philosophie qui préfère ne divulguer que son prénom, pour parler de son initiative entamée en 2020.

 

En évoquant une anecdote ou un événement qui les a changés, des femmes et des hommes racontent ce qui participe à la définition de leur existence. Brisure, embûche, enfance sensible, tempête interne, passion insoupçonnée, rêve réalisé… derrière un visage se cachent mille façons d’être au monde. «Dans la banalité du quotidien se cache l’extraordinaire», affirme Sacha, qui a réalisé que cette approche lui permettait d’en apprend toujours davantage sur lui-même. «S’ouvrir aux autres permet de multiplier ses perspectives. Cette écoute m’a appris à me décentrer pour mieux m’imprégner de la réalité. Ces histoires continuent de m’accompagner et de m’offrir des clés pour mieux comprendre le monde.»

 

Des portraits empathiques

En 2020, son expérience dans un centre d’hébergement d’urgence en tant que travailleur social lui ouvre une dimension inconnue, celle de la rue. Il arrive que Sacha puisse redonner une voix et une dignité à des personnes en situation de précarité via sa plateforme, qui présente des parcours divers, du migrant sans abri à l’ingénieur pétrolier en passant par la retraitée.

 

«Je reste au plus proche des paroles qui m’ont été livrées, en essayant de préserver la complexité et les paradoxes qu’elles contiennent.» Une façon de montrer la diversité sous une forme aussi brute que possible. En effet, liant la photographie au texte, Sacha prend le parti de faire abstraction du contexte. C’est là que réside toute la puissance du projet. «Cela permet aux lecteurs et lectrices de se l’approprier. Je leur offre l’opportunité de découvrir une autre réalité. Le reste leur appartient.»
Les sourires et les regards francs, même lorsqu’ils évoquent des parcours tourmentés, murmurent que l’intimité d’une personne réside dans ses interstices les plus fragiles. «Les histoires individuelles passent souvent à la trappe de l’histoire avec un grand H, alors que ce sont aussi elles qui racontent une société.»

Renouer avec l’humanité

Sacha se questionne sans cesse pour comprendre comment libérer les conversations, prête attention aux variations sonores, au souffle des silences et aux gestes les plus discrets.

 

À la question de savoir ce qui l’émeut le plus dans cet exercice, il répond: «Lorsqu’on arrive à cet instant presque miraculeux où les barrières s’abaissent. Lorsqu’une personne qui m’était parfaitement étrangère me semble tout à coup familière. Il n’y a rien de plus anodin que d’échanger avec un inconnu. Or, c’est là que se joue notre cohésion sociale.» Prenant le contrepied d’une ville qui peut sembler froide et anonyme, Sacha sonde notre humanité. Face à cette galerie d’instantanés, on se dit que l’enthousiasme vorace du Genevois donne foi en l’humain.

 

Retrouvez les portraits du projet soutenu par SIG sur: www.histoiresdegeneve.ch

Le projet est également présent sur Facebook et Instagram: @histoiresdegeneve

NOUVELLE APPROCHE

En parallèle des récits issus de rencontres fortuites, «Histoires de Genève» lance un nouveau format sous forme de mini-série. Constituée d’une dizaine de portraits, chaque saison est réalisée avec des associations locales et aborde des sujets manquant de visibilité, tels que la migration, le handicap, la précarité ou encore le travail du sexe. La première s’intitule «Des frontières et des femmes». En collaboration avec l’Association pour la promotion des droits humains (APDH), les portraits présentent les parcours de femmes migrantes, mettant en lumière les différentes frontières qui s’élèvent sur leur chemin.