Edition automne 2020

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A la hauteur de l’urgence climatique

 

En décembre 2019, l’urgence climatique a été votée à Genève. Comment faire pour renverser la tendance du réchauffement climatique? Quelles mesures mettre en place? Pour obtenir des résultats rapides sur le front du climat, SIG lance son Pacte climatique.

 

Propos recueillis par Michaël Perruchoud /// Photographie: Keystone/Gaëtan Bally

 

 

Rencontre avec Christian Brunier, directeur général de SIG et ardent défenseur du Pacte climatique.

 

Quel changement traduit ce Pacte climatique?

La question n’est aujourd’hui plus de savoir si nous devons agir. Nous n’en sommes plus à l’étape où nous devions convaincre nos interlocuteurs et interlocutrices du bien-fondé d’une transition énergétique. La transition énergétique est une nécessité. Les citoyennes et citoyens le souhaitent, le monde politique comme les entreprises en conviennent. Nous nous devons d’aller vers un monde moins énergivore, qui privilégie le renouvelable et réduit drastiquement ses émissions de CO2. Il ne s’agit plus d’un débat d’opinions, mais d’une constatation. Nous sommes dans l’action. Résolument. Et nous voulons l’être encore plus.

«La politique des petits pas, des lentes concessions, n’est pas adaptée au défi que nous devons relever. Il faut prendre des décisions aujourd’hui, raccourcir les échéances, se fixer des objectifs, les tenir.»

Et vous n’êtes pas seuls à agir.

Effectivement. De nombreuses entreprises, communes ou organisations mettent des initiatives en place pour améliorer le bilan CO2. C’est bien, souhaitable et louable. Mais c’est insuffisant. Les projections sur l’évolution climatique sont alarmantes et les conséquences seront humainement, environnementalement et économiquement catastrophiques. Il faut comprendre que la caractéristique de la question climatique, et plus largement environnementale, c’est l’urgence. La politique des petits pas, des lentes concessions, n’est pas adaptée au défi que nous devons relever. Il faut prendre des décisions aujourd’hui, raccourcir les échéances, se fixer des objectifs, les tenir. Et les dépasser si possible.

 

Est-ce que l’on ne risque pas de confondre vitesse et précipitation?

Je pense que c’est le genre de questions que se posent celles et ceux qui ne veulent pas avancer. Pour répondre à cette urgence, il faut évidemment changer de méthode, de mode de réflexion. Nous nous devons de bouger les lignes, parce que c’est le seul moyen d’obtenir des résultats tangibles. Mais nous n’avançons pas à l’aveugle. Notre engagement dans les énergies renouvelables ne date pas d’hier. Nous progressons sur le solaire, sur la géothermie. Nous avons intégré les citoyen·nes et le tissu économique à travers le programme participatif éco21. Et cet élan citoyen donne des résultats probants: éco21, ce sont 205GWh économisés, soit l’équivalent de la consommation du tiers des ménages genevois. Sur le plan climatique, ce programme qui se déploie grâce à l’investissement de chacun et chacune a permis d’éviter la consommation de 253’000 tonnes de CO2. Les bases du combat climatique sont bien en place, nos actions sont efficaces. Reste à leur donner une ampleur nouvelle.

205 GWh

économisés grâce au programme participatif éco21, soit l’équivalent de la consommation de 68’000 ménages.

D’où la création d’un Pacte climatique?

Exactement. Notre Pacte climatique vise à mêler exigence individuelle et force collective. C’est en réunissant les talents, en tissant des partenariats que nous pourrons changer assez fort et assez vite pour nous construire un avenir durable. On ne change pas le monde en menant uniquement des petites actions dans son coin. C’est un mouvement très large au sein des acteurs et actrices économiques genevois que nous voulons mettre en place.

 

En quoi consiste ce pacte?

Précisons qu’il ne s’agit pas d’un document complexe et bureaucratique, mais plutôt d’un élan et d’actions que l’on peut résumer en trois axes. Tout d’abord, l’exemplarité, car il est vain d’énoncer de grands principes et de ne pas se les appliquer à soi-même. Cela veut dire qu’au sein de SIG, toute l’entreprise est mobilisée pour améliorer sa propre performance environnementale et climatique. Nous parlons là de sobriété numérique, de gestion des déchets, de nourriture bio et locale ou encore de mobilité douce pour nos collaborateurs et collaboratrices. Nous devons être au quotidien porteurs et porteuses des principes que nous mettons en avant.

Vous tenez donc à prouver votre engagement?

Faire preuve de cohérence est indispensable. Comment voulez-vous susciter l’adhésion si vos actes ne sont pas en accord avec les principes que vous mettez en avant? Le deuxième axe du Pacte climatique suppose lui aussi un investissement sincère et résolu: cela veut dire proposer à nos client·es des solutions et des produits compatibles avec la transition énergétique. A SIG, nous sommes depuis des années engagé·es dans le domaine, mais nous nous devons de donner une portée nouvelle à nos projets les plus porteurs. Ainsi, GeniLac, qui permet, en utilisant l’eau du Léman, de fournir du froid et de la chaleur à des bâtiments, des institutions aussi importantes que Balexert et l’aéroport, devient une solution thermique d’importance à Genève et son poids est voué à grandir rapidement. On peut évoquer les sondages géothermiques qui, eux aussi, visent à trouver des initiatives aux énergies fossiles. Je pourrais à nouveau citer notre programme d’économie d’énergie éco21. Les résultats obtenus démontrent que la pertinence, le bon sens et le geste juste permettent d’inverser la courbe de consommation énergétique d’un canton. Et cela, pas grand monde n’y croyait lorsque nous avons initié éco21.

 

Et quel est le troisième axe de ce Pacte climatique?

Il s’agit du rôle d’activateur que nous nous devons de jouer pour accélérer le mouvement. SIG entend ainsi aider les acteurs du marché à avancer sur la voie de la transition énergétique. Cela veut dire accompagner les producteurs solaires indépendants, les propriétaires immobiliers, leur offrir notre expertise pour consommer mieux et faire baisser leurs émissions de CO2. Nous avons de l’expérience, du savoir-faire, il est l’heure de le partager le plus largement possible, d’entraîner le plus d’acteurs et d’actrices de l’économie genevoise dans ce grand mouvement. Ce Pacte climatique doit être un accélérateur qui nous permettra de faire face à la situation d’urgence dans laquelle nous nous trouvons. C’est notre défi et notre mission.

L’investissement de chacun et chacune a permis d’éviter la consommation de

253’000

tonnes de CO2

soit l’équivalent de seize mois d’émissions du parc automobile genevois.

N’avez-vous pas peur que la pandémie de Covid-19 ne soit un frein à vos aspirations?

Notre économie a vécu un choc, c’est clair, et il y aura, ces prochaines années, énormément à reconstruire. L’erreur serait de vouloir reproduire le monde d’avant. La crise de la Covid-19 doit nous permettre de repenser notre modèle de développement, d’y intégrer la transition écologique, de la valoriser. Si la pandémie nous permet de faire évoluer notre mode de pensée, alors nous pourrons nous servir de cette épreuve comme d’un atout.