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Au bonheur des bêtes

Le Bioparc Genève accueille des animaux exotiques dont une grande majorité sont issus de saisies. Véritable arche de Noé pour ces espèces souvent menacées, l’institution les voit comme des ambassadeurs de la cause environnementale.

Texte et photo: Clément Grandjean

Dans la fraîcheur de la matinée règne déjà une certaine agitation dans les allées du Bioparc Genève: perché sur son arbre, le cacatoès Aldo accueille les visiteurs en dressant fièrement sa crête jaune citron, tandis qu’un peu plus bas les tamarins pinchés enchaînent des figures acrobatiques, les aras hyacinthe étirent leurs interminables ailes d’un bleu profond et les chameaux ruminent paisiblement.

 

Malgré les apparences, le Bioparc n’est pas un zoo comme les autres. D’abord, il est enregistré comme centre de soins pour la faune sauvage au niveau cantonal. On y soigne hérissons, fouines et autres petits mammifères avant de les relâcher dans la nature. Ensuite, 90 % des animaux qui sont détenus ont été confisqués ou abandonnés. Parmi eux, des espèces européennes, mais aussi des spécimens exotiques. «Très peu de sites peuvent accueillir des animaux saisis par les autorités», explique Tobias Blaha, vétérinaire et directeur du parc genevois.

 

Des porte-parole de la biodiversité

«Puisque l’on ne connaît pas leurs origines, ces animaux ne peuvent pas être intégrés à des programmes de reproduction comme ceux auxquels participent bon nombre de zoos, ni être remis en liberté. Par ailleurs, ils sont profondément accoutumés à l’homme et ne pourraient, pour la plupart, pas être introduits dans un groupe déjà formé», poursuit Tobias Blaha.

 

Le dernier arrivé, c’est Billy, un suricate confisqué au Tessin. Lorsque Tobias Blaha approche de l’enclos où le petit mammifère africain a pris ses quartiers il y a quelques semaines avec deux congénères, Billy déboule à toute allure pour grimper sur ses genoux. «La détention de suricates nécessite un permis d’importation en bonne et due forme. Pour certaines espèces bien précises, il faut également disposer d’un permis de détention.» Or, nul n’est censé ignorer la loi
et les propriétaires s’exposent, en plus de la saisie de l’animal, à une amende salée.

 

Lorsque le téléphone du Bioparc sonne, c’est souvent pour demander à l’équipe s’il est possible d’accueillir un nouvel animal. «Il y a parfois des situations extrêmes, comme la confiscation de 170 oiseaux exotiques chez un particulier, note le directeur. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir dans ce genre de situation pour leur éviter l’euthanasie. Notre seule limite, c’est la surface à disposition. L’espace n’est pas extensible et nous souhaitons pouvoir offrir des conditions de vie irréprochables à nos pensionnaires.»

 

Outre cette mission d’intérêt public, le Bioparc collabore avec des institutions scientifiques pour des mandats de recherche, participe à un projet de reproduction de lémuriens en partenariat avec les autorités malgaches, et a mis sur pied un ambitieux programme de zoothérapie. «Les animaux sauvages sont d’extraordinaires ambassadeurs de la biodiversité, confie Tobias Blaha. Ils nous permettent d’expliquer les défis environnementaux d’aujourd’hui mieux que n’importe quel discours: par l’émotion.»

 

Bioparc Genève, route de Valavran 33,

1293 Bellevue, tél. 022 774 38 08

www.bioparc-geneve.ch

BIENTÔT UN PARC EXEMPLAIRE

A l’étroit sur son site historique de Bellevue, le Bioparc rêve de s’étendre. Son destin est désormais entre les mains des autorités genevoises, et les discussions sont en cours afin de trouver un nouvel espace à consacrer aux animaux du parc. Son directeur rêve d’en faire un lieu exemplaire aussi bien au niveau du bien-être animal que de l’efficience énergétique.