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De l’électricité dans l’air

 

Le premier avion électrique jamais certifié a effectué fin juillet son vol inaugural à Ecuvillens (FR). Il marque une étape importante sur la voie d’une aviation plus écologique.

 

 

Communiqué OFAC /// Joëlle Loretan /// Photographies: DR

 

 

Cette première mondiale a été rendue possible grâce à l’étroite collaboration entre l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), plusieurs autorités aéronautiques étrangères, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et le constructeur slovène Pipistrel. L’avion électrique, baptisé Velis Electro, fera principalement office d’avion-école pour les aspirants pilotes de l’aviation légère. «Développer l’aviation électrique est un objectif de l’OFAC depuis quelque temps déjà, en lien avec la Stratégie énergétique 2050, explique Antonello Laveglia, porte-parole de l’OFAC. Ces dernières années, les questions environnementales sont devenues très présentes, ce qui a poussé l’aviation à évoluer encore plus vite qu’imaginé.»

L’avion SolarStratos.

PLUS VITE QUE PRÉVU

Le moteur électrique a été certifié par l’AESA à la mi-mai, avant que l’avion lui-même ne reçoive cette autorisation dans la foulée. Il a ensuite pu effectuer son vol inaugural... sauf que le cadre normatif doit être adapté, puisque des lacunes existent en ce qui concerne ces drôles d’oiseaux électriques. L’OFAC a décidé de leur octroyer une dérogation exceptionnelle, en attendant un règlement au niveau européen (qui devrait voir le jour, en principe, au premier semestre 2022). «Les Etats ont la possibilité d’accorder des dérogations, dans le cas où attendre le développement normatif retarderait l’introduction de nouvelles technologies. Il faut alors vérifier que la sécurité et la conformité aux exigences essentielles sont garanties; c’est ce que fait l’OFAC.»

UN ENGIN HORS NORME

Avant que le Velis Electro puisse prendre son premier envol en juillet dernier, il a ainsi fallu redéfinir et préciser les conditions applicables à l’exploitation, à la maintenance, à l’entretien ou encore à la formation des pilotes et du personnel. 

«Les normes établies par l’AESA concernent les avions existants, avec des moteurs à pistons ou turbines. Mais rien n’existait encore pour les avions électriques. Nous avons dès lors dû identifier les aspects et éléments liés qui n’étaient pas applicables à cette nouvelle technologie. Par exemple, quel scénario appliquer pour le chargement des batteries, quelle réglementation mettre en place sur les carburants et le ravitaillement ou encore quelles exigences demander pour les licences et les formations des pilotes. Ce processus, qui a touché plusieurs thèmes interdisciplinaires et a impliqué une nombreuse équipe de l’OFAC, a été accompli en étroite collaboration avec l’AESA, les deux autres autorités nationales (française et slovène) et le constructeur.»Si le projet a permis de tirer d’importants enseignements quant au cadre légal à appliquer pour ces aéronefs électriques, l’OFAC a également pu se doter d’une grande expérience du point de vue technique.

Raphaël Domjan, Roland Loos (CEO de SolarStratos) et Miguel A. Iturmendi, pilote d’essai.

DES AVIONS-ÉCOLES

«Dans cette phase de développement, cinq avions expérimentaux électriques du même constructeur ont été utilisés pour accompagner le projet. Nous avons donc acquis une importante expérience pratique relative à la propulsion électrique. Ce travail et le know how acquis pourront ainsi être un point de référence pour d’autres projets dans le domaine de l’aviation électrique.» L’autonomie annoncée pour ce Velis Electro est de quelques dizaines de minutes. Pas de quoi encore traverser les océans donc, mais un pas important vers une aviation plus respectueuse de l’environnement, même si des chemins plus verts sont à chercher du côté de la batterie. «Le fait que le développement de l’aviation électrique permettra de stabiliser, voire réduire les émissions de l’aviation est une opinion partagée dans le monde scientifique. Il faut considérer le résultat atteint avec Velis Electro comme l’étape d’un processus: une étape importante du point de vue du développement technologique, mais aussi du point de vue symbolique.»

SolarStratos, toujours plus haut

  

L’OFAC n’en est pas à son coup d’essai en matière d’autorisation de vol pour des avions moins polluants. En 2017, il en accordait déjà une à SolarStratos, qui réalisait cette année-là son premier vol, avant d’être cloué au sol quelques mois plus tard à cause d’une aile cassée. Ce n’est qu’en juillet dernier que l’avion solaire, doté d’une motorisation électrique, a pu reprendre du service pour une série de tests. En août dernier, il décollait de l’aérodrome de Payerne (VD) pour son premier vol en double. A son bord, le pilote d’essai Miguel A. Iturmendi et Raphaël Domjan, initiateur du projet et futur pilote. Le vol a duré 48 minutes et atteint une altitude de 1500 mètres.

 

Mais SolarStratos vise beaucoup plus haut, puisqu’il a pour ambition de «toucher la stratosphère (plus de 18’000 mètres). L’objectif prioritaire du projet est de démontrer que grâce à l’énergie du soleil, il est possible d’aller plus haut qu’un avion fonctionnant aux énergies conventionnelles. Pour Raphaël Domjan, il s’agit d’explorer les énormes capacités offertes par les énergies renou-velables et de prouver que des concepts qui semblaient inconcevables il y a peu sont désormais possibles grâce aux technologies disponibles aujourd’hui.

 

Raphaël Domjan et son équipe envisagent d’effectuer ce vol record dès 2022. Après cette date, SolarStratos pourrait embarquer des clients commerciaux.

 

Source: www.solarstratos.com