Edition automne 2019

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VIVRE

 Nature 

 

Des poules et des hommes

 

Soutenu par la Ville de Genève, le projet Cocorico propose l’introduction de poulaillers dans le paysage urbain afin d’éveiller la population aux enjeux liés à notre alimentation.

 

Texte: Mireille Jaccard /// Photo: Orlova Irina/AdobeStock

 

 

Recréer du lien entre producteurs et consommateurs, privilégier les circuits courts, reconsidérer de façon globale la cohabitation entre les différents écosystèmes sont les préoccupations majeures de Reto Cadotsch, pionnier investi des initiatives d’agriculture de proximité. Pour cet ingénieur agronome à la tête du projet, «reconsidérer l’alimentation comme système de fonctionnement d’une communauté est fondamental». La question cruciale de l’éthique intervient également au cœur de ses actions: «L’élevage industriel a rompu les cycles de vie traditionnels. Les poules actuelles sont des hybrides, sélectionnées à des fins de rentabilité, formatées pour pondre 300 œufs par an, c’est-à-dire deux à trois fois plus que les races anciennes.»

 

 

L’OCCASION D’UN APÉRO

Au sein d’une société où la grande distribution fournit la majorité du contenu de nos assiettes, le projet Cocorico permet d’envisager un chemin de traverse, pousse à la réflexion et encourage à acquérir une vision du monde moins segmentée. Depuis sa création en 2013 et avec le soutien du service Agenda 21 promouvant des stratégies dans le développement durable, Cocorico propose un service de conseils, puis contribue à la réalisation de poulaillers urbains collectifs et dans des jardins. Plusieurs d’entre eux ont été créés en ville de Genève et dans les communes urbaines périphériques. A la Cour-Corderie, les poules de race suisse non hybrides y font sensation; au parc Beaulieu, à quelques pas de la gare de Cornavin, les membres de l’association Les Gallinettes urbaines se relaient au quotidien pour l’entretien en échange d’œufs même régime pour la Ville d’Onex ainsi qu’au pied des Tours de Carouge. Les nombreuses requêtes de poulaillers traduisent une inquiétude du consommateur et illustrent, d’une part, l’engouement croissant pour une économie différente, notamment au niveau local et, d’autre part, la volonté d’un engagement concret dans le domaine de la souveraineté alimentaire. Et Reto Cadotsch de conclure: «La poule reste l’animal d’élevage le plus accessible à tous en termes d’entretien. Il suffit de nettoyer son poulailler tous les quinze jours, ce qui devient généralement l’occasion d’un bel apéro!»

Somme toute, réintroduire le gallinacé dans la Cité de Calvin est également une façon de revenir à l’essentiel, aux sources, où les préoccupations telles que la cohésion sociale et le bien-vivre ensemble résonnent en écho.

Quelques chiffres

  

  • Compter 2000 francs pour un poulailler simple avec six poules et quatre poussins.
  • Un habitant produit en moyenne 300kg d’ordures ménagères par année.
  • Une poule peut ingérer annuellement jusqu’à 75kg de déchets organiques (épluchures de légumes, pain rassis, etc.)