Edition été 2019

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IDÉES DURABLES

 Eco-responsable 

 

Des vergers participatifs pour régénérer l’économie

 

Suite au succès rencontré par ses jus de fruits et limonades éco-responsables, Opaline lance sa fondation. Objectif: rassembler agriculteurs, spécialistes de la faune et de la flore, habitants et écoliers. Présentation.

 

Texte: Thomas Pfefferlé /// Images: Vanina Moreillon et Opaline

Pour fêter son 10e anniversaire, la marque Opaline (basée en Valais) s’offre un projet aussi exemplaire qu’encourageant. Pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas, cette marque de jus de fruits et limonades bio éco-responsables propose de (re)mettre en avant les saveurs d’une production locale et respectueuse des sols et des rythmes saisonniers. Présente en Suisse dans plus de 2000 points de vente engagés, tels que des épiceries de quartier, des restaurants, des écoles ou encore des hôtels, Opaline a vu grand pour fêter ses 10 ans en s’offrant une fondation. Ou plutôt en l’offrant à tous les acteurs qui gravitent autour de son activité solidaire et respectueuse de l’environnement.

TOUS POUR UN

Objectif de cette fondation: donner naissance à des vergers participatifs pour régénérer l’économie locale. Confiés à des agriculteurs de la région, ces lieux doivent permettre de cultiver des variétés de fruits locaux en suivant le rythme et les besoins de la nature. En même temps, les experts de la faune et de la flore des environs, les membres de la fondation et les étudiants sont amenés à participer à l’expérience. Ces vergers ont donc un enjeu qui dépasse les aspects agricoles. En effet, ils doivent également permettre de cultiver la connaissance et l’engagement dans la vie associative qui accompagne la fondation et la marque.

 

QUAND L’ÉCONOMIE S’INSPIRE DE LA NATURE

«L’idée de l’économie régénératrice, comme j’aime l’appeler, consiste à reproduire la dynamique des cycles que l’on peut observer dans la nature, détaille Sofia de Meyer, cofondatrice de la marque et de la Fondation Opaline. Dans un cycle naturel complet, l’eau, après avoir nourri les plantes, revient à la source. Si l’on compare l’eau à la rentabilité, il s’agit alors de boucler le cycle en permettant aux différents acteurs engagés dans Opaline de bénéficier également de la rentabilité que l’on parvient à dégager avec la vente de nos produits.» En allant plus loin que la culture biologique, qui reste tout de même soumise aux mêmes impératifs de production et de rentabilité que la culture intensive, les vergers participatifs cassent les codes et se focalisent d’abord sur la nature. En respectant le rythme de régénération des sols, ainsi que la faune qui profite habituellement de la présence de ces arbres fruitiers pour y nicher et y butiner, le projet se veut fédérateur. Les personnes intéressées peuvent par exemple parrainer un arbre pour soutenir et accompagner le projet. Et pour semer des graines prometteuses, la fondation a aussi pour objectif d’organiser régulièrement des ateliers pratiques, entre autres destinés aux élèves des établissements scolaires de la région. A Bex, le premier verger participatif de la fondation a d’ailleurs pu accueillir un tel atelier le 15 mai dernier, durant lequel les enfants de l’école du village ont découvert les principes de base ainsi que les enjeux de la pollinisation.

«L‘idée de l‘économie régénératrice consiste à reproduire la dynamique des cycles que l‘on peut observer dans la nature.»

 

Sofia de Meyer,

cofondatrice de la marque et de la Fondation Opaline

RÉCOLTER LES FRUITS DE LEUR ENGAGEMENT

En s’engageant à racheter le surplus de fruits issus de ces vergers participatifs, la marque Opaline soutient également la fondation en lui versant 5 centimes par bouteille vendue. Destinés aux restaurateurs et épiciers qui accompagnent la marque en vendant ses jus et limonades, les fruits doivent ainsi permettre d’accentuer encore la proximité entre acteurs économiques locaux et consommateurs engagés. Une manière pour ces derniers de découvrir les produits de base à partir desquels sont extraits les jus et limonades qu’ils consomment. Pour la récolte, la Fondation Opaline mise en outre sur une méthode traditionnelle, sans utiliser de machines. Réalisée «à l’échelle», cette étape doit aussi permettre à l’organisation de jouer un rôle d’intégration sociale en ciblant les personnes en transition ou réinsertion professionnelle. «De manière générale, j’aime décrire les activités de la fondation, et de la marque aussi finalement, comme un moyen d’inclure tous les acteurs au sein d’une même démarche, poursuit Sofia de Meyer. Entre les agriculteurs, les épiciers de quartier et les restaurateurs, les écoles ou encore les experts de la faune et de la flore locale, le modèle d’économie régénératrice qui résulte de notre activité permet à tout un chacun de s’engager et d’apporter sa contribution à l’ensemble, et cela, quelle qu’elle soit.»

Opaline raisonne la grande distribution

 

Proposée à la vente dans plus de 2000 enseignes à travers la Suisse, la marque Opaline a soigneusement veillé à éviter les réseaux de la grande distribution. Une démarche qui lui permet de rester cohérente avec son image et son activité, mais aussi de s’engager concrètement aux côtés des acteurs de l’économie écoresponsable et solidaire. Depuis quelques années, Opaline mène cependant une phase de tests plutôt prometteuse avec les magasins Manor. Impliquant des efforts soutenus afin de respecter les engagements économiques pris par la marque, cette collaboration démontre les enjeux auxquels les producteurs locaux doivent faire face. Opaline est par ailleurs présente au sein de certains restaurants Gastro de Migros Vaud. Ici aussi, elle tente de semer quelques graines pour ancrer ses valeurs et rendre ses produits et l’engagement écoresponsable qu’ils portent accessibles au plus grand nombre.