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Énergie: Genève se prépare à une possible pénurie

La situation géopolitique et le manque d’eau font craindre une situation délicate pour l’approvisionnement en électricité et en gaz durant la deuxième partie de l’hiver prochain. Qu’est-ce que cela signifierait pour les Genevois et les Genevoises?

Textes: SIG - Photos: Adobe Stock, SIG

La situation géopolitique a un impact direct sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité et en gaz, et le contexte actuel, caractérisé à la fois par la pandémie de Covid et le conflit russo-ukrainien, peut faire craindre un manque durant l’hiver qui s’annonce. Des plus hautes sphères politiques au niveau des citoyennes et citoyens en passant par l’industrie et les institutions, tout le monde pourrait être concerné le cas échéant. Afin d’anticiper une éventuelle situation de pénurie, la Confédération a mis en place des mesures progressives qui toucheront en priorité les entreprises. À l’échelle genevoise, les autorités cantonales ont mis en place une «Task force énergie» composée de plusieurs départements de l’état, de membres de SIG, des communes ainsi que de l’Union des associations patronales genevoises. Ce comité a pour mission d’établir un plan d’action destiné à réaliser des mesures d’économies d’énergie à court et à moyen terme. Les ménages, eux, ne seront concernés qu’en dernier recours, mais sont fortement encouragés à diminuer leurs consommations superflues dès aujourd’hui.

 

Dans ce dossier, nous nous penchons sur cette thématique avec deux expertes en la matière, pour vous donner des réponses et des pistes concrètes.

Se préparer à une possible pénurie

Nadia Nibbio est responsable de la distribution électrique à SIG et son activité représente l’entreprise au sein d’OSTRAL, l’organisation pour l’approvisionnement en électricité en cas de crise.

Y a-t-il vraiment une possibilité forte de pénurie électrique et gazière cet hiver?

Les autorités fédérales considèrent qu’il s’agit d’un risque majeur pour la Suisse. Maintenant, il ne nous est pas possible de calculer la probabilité qu’un tel événement survienne.

 

Quand cette pénurie pourrait-elle intervenir?

La période critique, c’est lorsque les besoins en énergie sont les plus importants, à savoir l’hiver, et que la Suisse importe l’énergie dont elle a besoin. Si nous connaissons une période de grand froid, le risque sera encore plus marqué.

 

Que pouvons-nous faire aujourd’hui?

La situation telle qu’elle se présente ne doit être ni sous-estimée, ni surestimée. Il semble clair que le meilleur moyen d’éviter une pénurie est de moins consommer. Nous ne manquerons jamais des électrons que nous ne consommons pas. Le recours aux énergies renouvelables et locales est également essentiel.

 

Mais, concrètement, que pourrait-il se passer cet hiver?

Cela dépendra de l’importance de la pénurie. En cas de risque majeur de pénurie, il y a trois niveaux de mesures qui pourraient être prises. Tout d’abord, les restrictions. On parle là de la suppression d’activités énergivores, par exemple l’interdiction des piscines chauffées… Une liste précise devra être définie, mais on est plutôt dans la suppression d’événements ou de loisirs.

 

Et si les restrictions ne s’avèrent pas suffisantes?

Il y a le contingentement. Il s’agit là d’une mesure qui impose des restrictions de consommation énergétique aux entreprises qui consomment 100 000 kWh ou plus. C’est le Conseil fédéral qui fixera les quantités d’énergie que ces entreprises devront économiser.

Existe-t-il un échelon supérieur à ce contingentement?

Oui, mais c’est une solution qui impacterait la population dans son ensemble… Il s’agit du délestage. Différents scénarios sont envisagés pour organiser des coupures d’une durée de quatre heures selon un tournus établi par zones géographiques. Je rappelle que cette ultime mesure serait décidée par la Confédération uniquement si les précédentes mesures n’étaient pas suffisantes.

 

Le contingentement concerne-t-il l’ensemble de la population et des institutions?

Nous attendons aujourd’hui les informations de la Confédération afin de connaître qui sera exactement contingenté. Ces informations seront connues à la publication des ordonnances sur la gestion de l’électricité.

◖◖ Ce sont les autorités fédérales qui prennent la main dans ce type de crise. ◗◗

Nadia Nibbio

Isabelle Dupont Zamperini est responsable des relations publiques à SIG. Lors d’une crise, elle est la voix de l’entreprise vis-à-vis des médias, mais aussi des citoyennes et citoyens. Car, pour éviter les fausses informations, les on-dit et les situations de panique, des explications aussi transparentes, concrètes et cohérentes que possible s’avèrent déterminantes.

Quel sera le rôle de SIG si une pénurie survient?

Il consistera à exécuter les instructions du Conseil fédéral, voire du Canton si, à la manière de ce qui s’est passé face au Covid, une partie des responsabilités leur est déléguée. Mais il est clair que si nous entrons en pénurie, c’est la Confédération qui donnera le ton via des ordonnances et que notre rôle consistera à appliquer et à expliquer les décisions.

 

Les économies d’énergie, le programme éco21 de SIG, est-ce utile pour Genève ou, au contraire, avons-nous perdu en potentiel d’économies?

Je vois nos engagements en termes d’efficience énergétique comme un atout pour mieux faire, pour avancer plus rapidement. Nous avons l’expérience qui nous permet d’aider nos clientes et clients dans leur démarche d’économies d’énergie. Nous faisons depuis des années ce que l’on nous demande de faire aujourd’hui. La différence, c’est qu’aujourd’hui il nous faut agir en mode «gestion de crise».

 

Ressentez-vous une inquiétude dans la population?

Bien entendu. Le nombre de demandes que nous recevons des médias témoigne de l’importance du sujet. Les personnes chargées de clientèle sont confrontées au quotidien aux demandes de clientes et clients qui voudraient savoir ce qui peut leur arriver et comment s’y préparer. C’est pourquoi nous espérons recevoir des instructions précises le plus rapidement possible, afin de pouvoir leur donner des réponses appropriées. Le laps de temps qui nous sépare aujourd’hui d’une possible pénurie est essentiel: mieux nous serons préparés, mieux nous pourrons agir!

Est-ce qu’une pénurie pourrait signifier une accélération de nos économies d’énergie, une autre manière de consommer l’énergie?

On peut espérer qu’il s’agira d’un accélérateur, que ce que nous allons vivre cet automne et cet hiver facilitera le changement des mentalités pour continuer à moins et mieux consommer l’énergie, à aller vers plus de sobriété. Autour de moi, nombreux sont celles et ceux qui s’activent avec des gestes simples pour économiser l’énergie. Espérons qu’au-delà de cet hiver ces réflexes seront toujours présents.

◖◖ Mieux nous serons préparés, mieux nous pourrons agir! ◗◗

Isabelle Dupont Zamperini

Des gestes à adopter dès aujourd’hui

Si, pour les entreprises et les industries, l’efficacité des mesures énergétiques dépend du domaine d’activité, pour les citoyennes et citoyens, les sources d’économies sont assez faciles à déterminer. Ces actions simples, et souvent connues, ont un effet à la fois sur la consommation et sur la facture:

Dans l’électroménager, faire les bons réglages: le congélateur sur -18° et le frigo à 5° permettent d’optimiser la consommation. Il faut savoir qu’un degré en plus, c’est 5% de consommation en moins. Plus largement, les appareils de classe A permettent une diminution substantielle de l’énergie dépensée.

Les multiprises avec interrupteur permettent de couper les veilles chaque soir. C’est jusqu’à 15% de vos dépenses d’électricité qui peuvent être ainsi économisés.

Prendre des douches courtes plutôt que des bains, couvrir les casseroles pendant la cuisson. Simple? Oui, mais efficace!

Remplacer vos ampoules par des LED.

Si vous en avez la possibilité, régler le chauffage de vos pièces: on dort très bien à 18° avec un bon duvet et un salon chauffé à 20° est tout à fait confortable.

Ce n’est pas tout, certes non, mais si vous appliquez avec un brin de rigueur ces quelques conseils, vous obtiendrez des résultats satisfaisants. N’attendons pas pour prendre de bonnes habitudes, c’est le meilleur moyen d’adoucir l’hiver à venir!