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GeniLac poursuit son déploiement urbain

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 Eco-responsable 

 

GeniLac poursuit son déploiement urbain

 

Forte de son succès et dans le cadre de son programme, Thermique2030°, SIG étend GeniLac à la Jonction et à Saint-Jean avec la construction de nouvelles conduites au quai du Seujet. Son raccordement permettra d’alimenter le quartier en thermique renouvelable dans le but de réduire la dépendance aux énergies fossiles.

 

 

Texte: Mireille Jaccard /// Photos: Yves Bussard (STAP des travaux lacustres) et François Martin (drône)

Le chantier permettra d’épargner 70’000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par an dans le canton de Genève à l’horizon 2050, l’équivalent des émissions annuelles de 7000 Genevois·es.

Les lacs et les cours d’eau en Suisse représentent une formidable source d’énergie propre, de par leur potentiel d’approvisionnement abondant et à portée de main. Le Léman, les lacs de Neuchâtel, des Quatre-Cantons, de Constance et de Thoune constituent des atouts considérables. A eux seuls, ils pourraient fournir plus de 60 gigawatts de chaleur utilisable, l’équivalent d’environ 60 centrales nucléaires de la puissance de celle de Gösgen. Cependant, malgré ces données qui donnent le vertige, ces ressources naturelles sont insuffisamment cultivées. L’Etat de Genève et SIG ont bien compris l’enjeu. Et ils ont franchi le pas, il y a une dizaine d’années déjà. Dans la Cité de Calvin, la transition énergétique est ainsi accélérée de façon optimale. Elle se concrétise dans le projet GeniLac, le plus grand réseau hydrothermique jamais construit en Suisse. GeniLac propose l’une des plus importantes installations qui s’inscrivent dans une planification énergétique cantonale. Cet investissement pour la réalisation d’une infrastructure globale est l’un des éléments clés de la stratégie de transition écologique.

 

LES BÂTIMENTS D’ABORD

Près de 50% de l’énergie consommée en Suisse est à l’usage du secteur du bâtiment. C’est en partant de ce constat que le programme de transition énergétique se poursuit, tout en tenant compte du champ des possibles dans la maîtrise de l’ingénierie actuelle. Les exigences avaient pour objectif d’élaborer des améliorations en termes de durabilité des espaces de vie, tout en assurant un confort calorifique. Le dispositif, pensé en réponse à l’urgence climatique, met à profit une énergie douce, locale et profondément en symbiose avec l’air du temps. Cela permet de réduire progressivement l’émission de particules fines du chauffage mazout et de 80% environ la consommation électrique usuelle. Cette solution est apparue comme la plus adaptée aux besoins. Pour produire du froid et de la chaleur, destinés à rafraîchir et chauffer les édifices genevois, l’eau devient un vecteur énergétique qualitatif important.

Focus sur les travaux de la Jonction

 

La Ville et l’Etat de Genève chaufferont près de 30 bâtiments dans le quartier de la Jonction grâce à GeniLac. En renonçant aux énergies fossiles, ces bâtiments réduiront leurs émissions de CO2 de 80% et n’émettront pas de particules fines. Le chantier au quai du Seujet a débuté le 15 mars 2021 et durera un an, avec la pose des conduites GeniLac sous le quai et l’installation d’une chaufferie au 36, quai du Seujet. Cette dernière permettra de distribuer de la chaleur au quartier de la Jonction et au quai du Seujet. La Ville de Genève et SIG coordonnent leurs travaux: la Ville réalise simultanément des travaux d’entretien de la promenade piétonne du quai du Seujet.

 

L’ARBORISATION DU QUAI DU SEUJET

Quarante-trois arbres seront replantés pour remplacer les 35 coupés dans le cadre des travaux. Le choix s’est porté sur des sophoras du Japon, une essence adaptée au réchauffement climatique. Ces arbres disposeront de 12m3 de terre chacun et leurs pieds seront entourés d’îlots de verdure. Afin de réduire les nuisances pour les riverain·es, les travaux ont lieu pendant la journée. La piste cyclable est maintenue et 18 places de parking sont supprimées pendant la durée des travaux.

LE RÉSEAU S’ÉTEND

Dans un premier temps, le réseau hydrothermique de 6 km de tuyaux Genève-Lac-Nations (GLN) a été construit par SIG afin de fournir en chaleur et en froid les bâtiments des organisations internationales, du quartier Sécheron-Nations, au nord de la ville. Le siège des Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge, l’Organisation internationale du travail, le Centre international de conférences de Genève et le Campus Biotech bénéficient ainsi du réseau hydrothermique depuis les prémices du réseau. A partir de 2015, une extension à GLN, appelée GeniLac, est conçue pour étirer sur 30 km la colonne vertébrale d’un réseau thermique écologique souterrain. Exit chaudières à mazout polluantes et climatiseurs gourmands en énergie pour tempérer les habitations: d’ici à 2025, une centaine d’immeubles, comme celui des Forces Motrices, L’Usine, la cité Carl-Vogt ou encore les banques et les hôtels pourront être thermorégulés à l’aide de cette technique à haute performance au service du développement durable.

Sur la question des pays influencés par le succès de GeniLac, Fabrice Malla, responsable maîtrise d’ouvrage thermique à SIG, explique: «Nous avons lancé un projet d’étude d’interconnexion énergétique GeniLac entre la France et la Suisse via le projet de la ZAC Ferney-Genève. De nombreux pays comme la Belgique, la Chine, l’Iran ou le Pakistan nous ont également sollicités pour visiter nos installations d’eau du lac.»

LES CALORIES COULENT DE SOURCE

A une température stable d’environ 7°C, l’eau est puisée dans le lac à 45 m de profondeur et à 1000m de la rive. Elle est ensuite acheminée jusqu’à une station de pompage, passée dans un échangeur de chaleur, avant d’être conduite au travers d’un réseau souterrain jusqu’aux bâtiments connectés du centre-ville. Après exploitation de l’énergie thermique en circulation dans le parc immobilier, la ressource aquatique est finalement restituée dans son milieu d’origine. Evidemment, tout le processus veille à respecter l’impact sur la faune et la flore locale d’un point de vue écologique. La température de l’eau ne baisserait que de 0,2°C au maximum à proximité du point de restitution, estiment les chercheurs de l’Institut fédéral des sciences et technologies de l’eau (Eawag).

DES PRONOSTICS PROMETTEURS

Les chiffres sont réjouissants pour ce chantier de grande envergure: 70’000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre épargnées par an dans le canton de Genève à l’horizon 2050, l’équivalent des émissions annuelles de 7000 Genevois·es. Frédérique Perler, conseillère administrative de la Ville de Genève en charge du Département de l’aménagement, de la construction et de la mobilité, se réjouit: «En raccordant nos bâtiments situés dans le quartier de la Jonction et de Saint-Jean à GeniLac, nous réalisons une avancée majeure vers notre objectif 100% d’énergies renouvelables et zéro émission de CO2.» Et Christian Brunier, directeur général de SIG, d’ajouter: «En collaborant, nous parviendrons à décarboner Genève à l’horizon 2050, peut-être même avant.» D’ici à 2035, GeniLac alimentera le cœur de la ville, Meyrin, Vernier, en passant par Bellevue, Pregny-Chambésy, Le Grand-Saconnex, le quartier Praille-Acacias-Vernets, les Hôpitaux universitaires et l’aéroport de Genève-Cointrin. «Le raccordement de ce dernier reste sans conteste un défi très attendu, avec une mise en service en 2024», ajoute Fabrice Malla.

Répondre efficacement à l’enjeu climatique

 

Le programme d’actions concrètes pour accélérer la transition énergétique et atteindre une société à 2000 watts sans nucléaire d’ici à 2050 est le défi majeur pour la transition énergétique du canton de Genève. Pour atteindre son but, et donc diviser par 3,5 la consommation d’énergie, il est nécessaire de multiplier par 3 la part des énergies renouvelables, tout en engageant une rupture profonde dans la façon d’appréhender notre consommation d’énergie. Pour cela, plusieurs objectifs ont été établis: sortir du chauffage fossile, rénover et optimiser les bâtiments, déployer les réseaux thermiques, valoriser les ressources renouvelables et privilégier le local.