Edition automne 2019

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IDÉES DURABLES

 Innovation 

 

La réalité augmentée au service de l’invisible

 

Piloté par l’Université de Genève avec le soutien d’Innosuisse, le projet 3D City doit permettre de modéliser et d’observer les réseaux industriels grâce à des lunettes de réalité augmentée et des caméras 3D. En contribuant à valider sur le terrain le prototype élaboré, SIG a joué un rôle clé.

 

Texte : Thomas Pfefferlé /// Photos: Pierre Vallier – SIG

Lorsque l’on évoque la réalité augmentée, on pense d’abord aux jeux vidéo et aux applications mobiles qui consistent à agrémenter les rues de personnages ou d’objets fictifs, tels que Pokémon Go, pour ne citer que lui. Si la technologie s’avère déjà courante dans le domaine du divertissement digital, elle peut également jouer un rôle central dans le secteur industriel. Et en particulier dans la visualisation et la modélisation du cadastre des réseaux d’eau, d’électricité, de gaz, de thermique ou encore de télécommunications. C’est précisément dans ce cadre que 3D City prend place. Porté par l’Université de Genève avec le soutien d’Innosuisse – l’Agence suisse pour l’encouragement de l’innovation –, le projet démontre déjà un fort potentiel. Avec une technologie mature et une utilité évidente, il devrait être adopté et intégré dans un avenir proche au sein des équipes responsables du cadastre des réseaux chez SIG.

«En portant le dispositif, l’utilisateur va balayer une zone géographique spécifique avec son regard pour voir apparaître les conduites qui s’étendent dans le sous-sol.»

DE LA 2D À LA 3D

3D City comporte deux volets. Le premier concerne la visualisation en surface des réseaux industriels grâce à des lunettes de réalité augmentée. En portant le dispositif, l’utilisateur va ainsi balayer une zone géographique spécifique avec son regard pour voir apparaître les conduites qui s’étendent dans le sous-sol. Un outil des plus pratiques – dont la validation du prototype développé s’est effectuée en colla-boration avec le CERN – qui permet notamment de gagner en rapidité pour pouvoir observer et identifier précisément ces conduites. Et pour différencier l’eau, le gaz, la thermique, l’électricité et les télécommunications, les réseaux apparaissent aux yeux de l’utilisateur dans différentes couleurs. Encore en 2D à l’heure actuelle, les données fournies et rendues visibles devraient ensuite apparaître en 3D. Elles permettent cependant déjà de connaître le diamètre, la matière ainsi que la profondeur des conduites observées, des informations indispensables pour réaliser des travaux.

 

CAPTURE DES RÉSEAUX EN 3D

C’est principalement pour le deuxième volet de 3D City que SIG a joué un rôle. Concentrée sur la capture et la reconstitution digitale de réseaux industriels existants ou en construction, cette deuxième phase du projet doit permettre d’aller plus vite sur le terrain lors de relevés de réseaux. Pour ce faire, le principe consiste à filmer les infrastructures par caméra 3D et à en mesurer des points de référence afin d’obtenir un modèle 3D des réseaux présents. «Notre collaboration avec l’Université de Genève a permis de valider leur prototype ainsi que la précision avec laquelle il permet de capturer et reconstituer numériquement le cheminement de ces conduites industrielles, détaille Patrice Poirier, responsable du cadastre des réseaux au sein de la direction Smart City à SIG. La technologie mise au point est d’ailleurs très encourageante et prometteuse, puisqu’elle s’avère aussi précise que les outils et méthodes que l’on utilise habituellement pour réaliser cette tâche, avec une précision de plus ou moins 10cm.»

Acteurs académiques et industriels main dans la main

 

Terminée en avril 2019, la première étape de ce projet pilote démontre les atouts des collaborations entre institutions académiques et organisations industrielles, le tout en bénéficiant, pour l’Université de Genève, du soutien à l’innovation des autorités fédérales avec Innosuisse. Si les deux volets du projet ont pour l’instant été développés distinctement, il est fort probable qu’ils soient amenés à fusionner par la suite. Une étape qui, à terme, pourrait ainsi permettre de croiser et multiplier les utilisations et possibilités des deux techniques et dispositifs.

La technique élaborée se base donc sur l’utilisation de caméras 3D pour filmer autour du chantier les passages des conduites existantes ou à venir. Ces informations visuelles permettent ensuite de générer un nuage de points, soit de multiples données spatiales qui vont finalement permettre de générer une reconstitution numérique en trois dimensions du réseau. Séduit par la technologie, SIG compte bien l’adopter et l’intégrer au sein de ses équipes d’ici à deux ans, le temps nécessaire au dernier peaufinage.

NOUVELLES TECHNIQUES, NOUVELLES COMPÉTENCES

«L’intégration de la technologie implique bien entendu de mettre en place des formations complètes à l’interne afin de permettre aux collaborateurs d’utiliser le dispositif correctement, précise Patrice Poirier. Notre dynamique de travail pourrait également être modifiée, l’étape de modélisation 3D étant par exemple réalisable sur le cloud avec un logiciel dédié permettant d’obtenir un nuage de points 3D.» Pour adopter la technologie mise au point par l’Université de Genève, SIG doit encore plancher sur son intégration dans sa base de données cartographiques. Une prochaine étape qui devrait être réalisée dans un futur proche. «Il est en effet très probable que nous adoptions cette nouvelle technologie au cours de ces deux prochaines années, confirme Patrice Poirier. Et parmi ses développements futurs, la technique pourrait également comprendre des lunettes 3D de réalité augmentée pour effectuer la capture du réseau et ensuite le visualiser.»