fr La thermique renouvelable à l’ère de l’urgence climatique

Edition printemps 2020

En bref

Nouvelles du développement durable et actualités SIG

news_sommaire

Innovation

Récupérer la chaleur du sol

recuperer_sommaire

Eco-responsable

Les ambassadeurs de la transition énergétique

idee_sommaire

Coulisses

La thermique renouvelable à l’ère de l’urgence climatique

thermique_sommaire

Partenaires

SIG au cœur de la vie locale

partenaire_sommaire

Parole de client

Les Rentes Genevoises misent sur la durabilité

rentes_sommaire

Rencontre

Comment revaloriser nos fruits et légumes ?

fruti_sommaire

Saveurs

Le Boteco : la cuisine brésilienne et locale mise à l’honneur

boteco_sommaire

Nature

Un parc agro-urbain pour maintenir l’équilibre

un parc_sommaire

Soutien

Impact fête ses 2 ans

impact_sommaire

SIG ET VOUS

Un second forage de moyenne profondeur est en cours à Lully. Il descendra jusqu’à environ 1200 mètres.

 Coulisses 

 

La thermique renouvelable à l’ère de l’urgence climatique

 

SIG investit dans la thermique renouvelable, considérée comme la colonne vertébrale de la transition énergétique et comme un moyen de répondre à l’urgence climatique. Rencontre avec Christian Brunier, directeur général de SIG.

 

Texte : Michaël Perruchoud /// Photos: DR

POURQUOI CET INTÉRÊT TOUT PARTICULIER ACCORDÉ À LA THERMIQUE ?

C’est dans ce domaine que nous avons la plus grande marge de progression. C’est là que nous pouvons économiser du CO2 et trouver les leviers nécessaires pour répondre à l’urgence climatique. Ces dernières années, nous avons fait évoluer notre manière de consommer l’électricité, ainsi que notre approvisionnement. Et les résultats sont là. Les clientes et les clients de SIG sont approvisionnés par une électricité 100 % renouvelable. Mieux encore, nous sommes parvenus  à faire baisser la consommation énergétique du canton. Le programme éco21 a atteint des résultats record, portant à 205GWh le total des économies d’électricité depuis sa création, soit l’équivalent de la consommation moyenne de 68’000 ménages. Cependant, notre travail dans le domaine n’est pas fini: il y a encore beaucoup à faire, notamment en termes de production renouvelable (nous produisons aujourd’hui le tiers de l’électricité que nous consommons), mais nous sommes actuellement dans un cercle vertueux.
Si l’on se penche sur la thermique, on remarque qu’elle est pour le moment essentiellement basée sur des ressources fossiles. Et ce n’est pas acceptable en termes d’impact climatique.

 

D’OÙ LA VOLONTÉ DE FAIRE ÉVOLUER UN RÉSEAU DE THERMIQUE RENOUVELABLE?

La thermique renouvelable est aujourd’hui incontournable. Notre expertise dans le domaine des réseaux nous donne un rôle moteur dans ce développement.

 

SIG poursuit le développement du réseau GeniLac avec la construction d’une nouvelle station de pompage. Elle sera construite en sous-sol afin d’être intégrée dans l’environnement.

LE RÉSEAU GENILAC, QUI UTILISE L’EAU DU LÉMAN POUR CHAUFFER ET RAFRAÎCHIR LES BÂTIMENTS, EST EN PLEIN DÉVELOPPEMENT.

C’est vrai. On pourrait citer Balexert, le quartier de l’Etang, l’aéroport de Genève et quelques autres… Mais je dirais qu’en période d’urgence climatique, ce développement rapide est essentiel. Nous travaillons à la transition énergétique depuis des années et la thermique renouvelable est un atout maître pour y parvenir. Mais, aujourd’hui, nous assistons à une véritable rupture. L’urgence climatique nous pousse à revoir nos processus, à aller plus vite.

 

QUE SIGNIFIE, CONCRÈTEMENT,  ALLER PLUS VITE?

Les objectifs fixés pour 2050 devront être réalisés pour 2035, voire 2030. Nous compressons le calendrier avec la volonté d’aller plus vite et plus fort dans la baisse de nos émissions de CO2. Depuis le tournant de l’an 2000, nous avons adopté les principes du développement durable et travaillons sur un équilibre entre les dimensions économique, sociale et environnementale. Nous continuons dans cette voie, mais nous avons déplacé le curseur. Aujourd’hui, c’est une nécessité, l’environnemental doit primer.

ET GENILAC CONSTITUE LE CŒUR DE CE CHANGEMENT?

C’est un réseau très important, la pierre angulaire de notre réseau thermique. Mais nous misons aussi sur le développement géothermique. Les études du sous-sol genevois se révèlent extrêmement prometteuses et nous devons entrer dans la phase de mise en œuvre. La thermique renouvelable permet de mettre en avant les circuits courts, les solutions locales. On sait qu’aujourd’hui la Suisse dépense 10 à 15 milliards de francs par année en achat énergétique, qui vont à des pays pour qui les questions environnementales et climatiques ne sont pas prioritaires. Si cet argent pouvait être centré sur des solutions locales, nous ferions un grand pas.

 

UN PROJET NÉCESSITANT DES INVESTISSEMENTS AUSSI CONSÉQUENTS QUE GENILAC PEUT-IL ÊTRE RENTABLE ?

Nous avons, de par notre statut de régie autonome, de service public, un avantage considérable: nous pouvons travailler avec des perspectives à long terme. GeniLac sera dans les chiffres rouges pour quelques années. Mais tous les réseaux structurants du canton ont connu ce type de développement. L’électricité ou le gaz n’ont pas récolté les fruits de leur développement tout de suite. C’est le rôle d’une entreprise publique de travailler pour la collectivité. Les investissements dans la thermique renouvelable sont nécessaires.

 

EST-CE LE RÔLE D’UNE ENTREPRISE, MÊME PUBLIQUE, DE SE PROFILER AINSI SUR CES QUESTIONS?

Le moteur, c’est l’Etat, qui décide de notre politique énergétique. Les tâches d’intérêt public que nous réalisons, et qui nécessitent des investissements importants, sont cadrées et définies par une convention d’objectifs, un document qui définit les rôles de chacun et nous permet d’avancer de manière résolue sur les questions de transition énergétique et de transition climatique. Nous pouvons nous définir, sur ces questions, comme le bras industriel de l’Etat. Nous mettons en œuvre, grâce à notre expertise dans le domaine des énergies et des réseaux, la volonté citoyenne et la volonté politique. Donc, oui, nous restons dans notre rôle.

 

SENTEZ-VOUS LE TISSU ÉCONOMIQUE RÉCEPTIF AUX QUESTIONS DE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE?

Je crois que l’image du patron d’entreprise qui ne se soucierait que de son bilan économique et de ses résultats à court terme est aujourd’hui dépassée. Les rencontres que nous avons avec les acteurs économiques de toutes tailles nous le montrent: la préoccupation environnementale gagne du terrain. Les patrons et les investisseurs veulent participer à la transition énergétique, et pas seulement pour des questions d’image. La prise de conscience est là, même si, à titre personnel, je souhaiterais qu’elle s’accélère encore.

« L’urgence climatique nous pousse à revoir nos processus, à aller plus vite. »

COMMENT DÉFINISSEZ-VOUS LE RÔLE DE SIG SUR LES QUESTIONS CLIMATIQUES?

Nous mettons notre savoir-faire et notre enthousiasme au service de la politique cantonale. C’est grâce au rapport de confiance qui nous lie à nos autorités que nous pouvons ainsi aller de l’avant. Plus largement, quand nous exprimons le souhait que Genève soit pionnière en termes de transition énergétique et de préservation climatique, nous savons qu’il faut une forte volonté politique, mais aussi une participation de l’économie et des citoyens. Les jeunes (et les moins jeunes) qui défilent pour le climat, les scientifiques qui lancent des signaux d’alarme participent aussi à ce mouvement.

Objectifs cantonaux

2050

Atteindre la société à 2000 watts et neutre en carbone

-39 %

Baisse de la consommation thermique fossile par habitant (par rapport à 2000) d’ici à 2023

-60 %

Réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030

80 %

Part d’énergie non fossile dans les réseaux thermiques en 2035

Le canton de Genève s’est fixé pour objectif de baisser la consommation thermique fossile par habitant de 39 % d’ici à 2023, notamment grâce à GeniLac et à la géothermie. D’ici à 2035, GeniLac offrira la possibilité de réduire les émissions de CO2 de 70’000 tonnes par an dans le canton de Genève, soit l’équivalent des émissions annuelles de 7000 Genevois-es.

 

SIG investit pour réaliser les infrastructures qui seront la colonne vertébrale de ce réseau thermique écologique et constitueront un atout majeur de la transition énergétique. L’entreprise fait évoluer ses processus pour atteindre les objectifs fixés le plus rapidement possible, comme l’exige l’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons.