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Une microforêt japonaise pousse au cœur de Genève

 

L’automne dernier, des volontaires se sont initiés à la méthode Miyawaki, qui consiste à planter densément une large variété d’espèces locales pour recréer une forêt primaire. Ailleurs en Suisse, l’arbre fait son grand retour en ville.

 

Texte : Lila Erard /// Photographies : Nicolas Righetti

Place Sturm, croisement du boulevard Helvétique et de la rue Ferdinand-Hodler: un groupe d’habitant·e·s du quartier, bottes aux pieds et gants de jardinage aux mains, grattent la terre. Ces volontaires participent à la plantation de l’une des premières forêts Miyawaki du pays, grâce à un projet pilote lancé l’automne dernier par le Service des espaces verts de la Ville. Mise au point dans les années 1970 par le botaniste japonais du même nom, cette méthode consiste à planter de manière dense une large variété d’espèces indigènes, afin d’imiter les caractéristiques des forêts primaires, quasi disparues en Europe. Ici, une trentaine d’essences de tailles variées, telles que le chêne sessile, le poirier sauvage et le noisetier, seront mises en terre, à raison de trois arbres par mètre carré. «Ainsi, ils rentreront rapidement en concurrence à la recherche de la lumière, ce qui stimulera leur croissance. Cette forêt poussera d’un mètre par an en moyenne. Cela deviendra une véritable jungle!» se réjouit Joëlle Martinoya, responsable de Forêt B, entreprise pionnière dans ce domaine en Suisse, créée cette année.

UN ÉCOSYSTÈME RÉSILIENT

Adaptées en zone urbaine, ces microforêts ont été conçues pour pouvoir régénérer des sols pauvres ou en friche. Un travail d’amélioration de la terre a été fait en amont, grâce à l’apport de compost et d’amendements tels que de la drêche de bière d’une brasserie du canton. A terme, cet espace naturel deviendra un précieux habitat et garde-manger pour la faune. «Grâce à sa diversité, on devrait y trouver trois fois plus de mammifères et 150 fois plus de papillons que dans une plantation conventionnelle en ville», explique la spécialiste. Cette niche écologique participera à lutter contre les îlots de chaleur, à atténuer le bruit ainsi qu’à assainir l’air et l’eau, tout en impliquant les riverains. L’aspect participatif de la démarche est en effet essentiel dans la méthode Miyawaki, qui vise à sensibiliser la population à l’importance de la biodiversité et à favoriser les rencontres. Comme en témoigne Sloan, banquier genevois venu avec ses trois enfants: «Dans le quartier, il y a beaucoup d’ambassades et de cabinets d’avocats. Jardiner entre voisins permet de remettre de la vie», dit-il. «C’est génial de voir la forêt pousser sous nos yeux! Nous avons besoin des arbres au quotidien pour notre équilibre», complète Françoise, enseignante à la retraite.

A terme, cinq autres de ces microforêts pourraient voir le jour sur des places de parking ou dans des cours d’immeuble de la Cité de Calvin. Depuis 2015, plus de 200 projets similaires ont aussi vu le jour aux Pays-Bas, en Belgique et en France. Ailleurs dans le monde, le botaniste Akira Miyawaki est impliqué dans la plantation de plus de 40 millions d’arbres, principalement en Asie.

DE LAUSANNE À SION

En Suisse, d’autres stratégies d’arborisation ont été mises en place par les villes. Comme à Lausanne, où la Municipalité a lancé «Objectif canopée», un plan d’action visant à atteindre 30% de surface urbaine recouverte par les couronnes d’arbres d’ici à 2040. «Nous avons choisi la surface foliaire comme unité de mesure, car c’est ce qui permet de rafraîchir la ville. Des essences méditerranéennes adaptées au réchauffement climatique seront aussi plantées, explique Natacha Litzistorf, municipale chargée de l’Environnement. L’engouement pour la présence d’arbres en milieu urbain est loin d’être une mode. C’est une question de qualité de vie, de respect du vivant et de lien social.»